Des installations dĂ©passĂ©es par la quantitĂ© d’eau Ă  traiter

Quand nous tirons la chasse d’eau, prenons une douche ou faisons tourner une machine Ă  laver, l’eau sale part dans les Ă©gouts.

Cette eau est ensuite envoyĂ©e dans une station d’Ă©puration oĂą elle est nettoyĂ©e avant d’ĂŞtre rejetĂ©e dans la nature.

Le problème est que certaines stations de notre territoire reçoivent aujourd’hui beaucoup plus d’eau qu’elles ne sont capables d’en traiter.

La station de Boissettes, qui reçoit notamment les eaux usĂ©es de Savigny-le-Temple, RĂ©au, Vert-Saint-Denis, Cesson et Nandy, avait Ă©tĂ© conçue pour une population d’environ 77 000 habitants.

En 2024, elle a dĂ» traiter l’Ă©quivalent des eaux produites par près de 99 000 habitants.

Une partie des eaux n’est plus traitĂ©e

Cette surcharge a des conséquences importantes.

Selon les donnĂ©es communiquĂ©es aux associations environnementales, environ 1,2 million de mÂł d’eau sale ont Ă©tĂ© rejetĂ©s dans la Seine en 2025 sans avoir Ă©tĂ© correctement traitĂ©s.

La PrĂ©fecture avait dĂ©jĂ  indiquĂ© qu’en 2024 jusqu’Ă  20 % des eaux arrivant Ă  la station de Boissettes avaient Ă©tĂ© rejetĂ©es dans le fleuve sans traitement.

Une situation qui concerne aussi Dammarie-lès-Lys

La station d’Ă©puration de Dammarie-lès-Lys rencontre les mĂŞmes difficultĂ©s.

PrĂ©vue pour traiter les eaux d’environ 80 000 habitants, elle en reçoit aujourd’hui l’Ă©quivalent de plus de 126 000.

Là aussi, les équipements peinent à suivre.

Pourquoi est-ce inquiétant ?

Lorsque des eaux insuffisamment nettoyées sont rejetées dans un fleuve :

  • la qualitĂ© de l’eau se dĂ©grade ;
  • la vie aquatique est fragilisĂ©e ;
  • la pollution augmente ;
  • c’est un vrai risque pour la santĂ© publique.

Or l’eau est une ressource de plus en plus prĂ©cieuse.

Partout dans le monde, les spécialistes alertent sur les risques liés à sa raréfaction et à sa pollution.

Des normes qui ne sont plus respectées

Le manque de capacitĂ© des stations a aujourd’hui des consĂ©quences visibles. Les contrĂ´les officiels montrent que plusieurs normes environnementales ne sont plus respectĂ©es Ă  Boissettes comme Ă  Dammarie-lès-Lys. Les autoritĂ©s parlent de stations sous-dimensionnĂ©es et prĂ©sentant de nombreux dysfonctionnements, confirmant l’urgence d’investir dans des Ă©quipements adaptĂ©s aux besoins du territoire.

Peut-on continuer à construire sans régler ce problème non traité depuis 10 ans ?

NON : chaque nouveau logement aggrave la situation.

Notre territoire continue d’accueillir de nouveaux habitants.

Mais chaque nouveau logement produit aussi davantage d’eaux usĂ©es Ă  traiter.

Ce que demande l’ADE

  • informer clairement les habitants de la situation ;
  • publier un calendrier des travaux prĂ©vus ;
  • adapter les capacitĂ©s de traitement aux besoins rĂ©els ;
  • faire de la qualitĂ© de l’eau une prioritĂ©.

Une rivière propre ne devrait pas ĂŞtre une option. C’est une nĂ©cessitĂ© pour notre santĂ© et pour notre environnement.


Sources

  • DonnĂ©es assainissement du ministère de la Transition Ă©cologique
  • Avis du reprĂ©sentant de l’État sur le projet de SCoT de Grand Paris Sud (19 mai 2025)
  • Échanges entre les associations environnementales et Grand Paris Sud (2 fĂ©vrier 2026)
  • DonnĂ©es techniques STEP Boissettes et Dammarie-lès-Lys