Conférences de presse du 4 décembre

Sénart. Associations et élus s’attaquent au texte qui va bientôt être signé

L’avenir de la ville nouvelle fait grincer des dents

Marine Legrand | Publié le 5 déc. 2013

Lieusaint, hier. Trois villes de l’Essonne dont Saintry-sur-Seine (au centre, le maire de cette commune Michel Carreno, en costume-cravate gris) votent contre le Contrat de développement territorial de Sénart. (LP/M.L.)

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Le Contrat de développement territorial de Sénart (CDT) continue d’attiser les critiques dans la ville nouvelle. Hier, cinq associations locales de défense du cadre de vie et le maire de Saintry-sur-Seine (Essonne) ont annoncé la création d’Assises de la citoyenneté et d’un comité consultatif ouvert à tous les habitants. Objectif : réécrire ce texte qui sera signé le 19 décembre et dessinera le futur visage de Sénart dans le cadre du Grand PARIS. Ce document prévoit de créer 15 000 logements, 20 000 emplois et un pôle d’excellence logistique et distribution d’ici à 2027.

Saintry a voté contre à l’unanimité, mardi. « Tigery (Essonne) vient de faire de même et Morsang-sur-Seine (Essonne) s’apprête à faire pareil. Trois des quatre villes du SAN de Sénart en Essonne s’opposent donc au CDT », lance Michel Carreno (PS, maire de Saintry. Or, le SAN 91 est l’un des trois signataires prévus le 19 décembre, avec le préfet de région et le SAN 77. « La signature reste possible car la majorité des villes a voté pour le CDT mais aussi parce que deux des communes contre ne sont pas dans le périmètre de la ville nouvelle. Si elles ne souhaitent pas appliquer le CDT, son périmètre d’application sera modifié », confie Bruno Depresle, directeur de l’EPA Sénart.

Un manque de concertation

Les associations estiment que le texte est quasi caduc car le projet de gare TGV à Lieusaint, pierre angulaire du CDT, a été reporté, le texte ayant été élaboré sans vraie concertation. « L’enquête publique a eu lieu en plein été. Puis le CDT a été voté par de nombreuses municipalités avant la publication de sa version définitive le 21 octobre, donc sans pouvoir en prendre connaissance... Ce fut le cas à Moissy, Combs, Nandy, Lieusaint... », s’insurgent Florent Heitz, de l’Arnassen (association pour la reconnaissance de Noisement), et Michel Pellerin, de DDNA (Développement Durable, Notre Avenir). « Le CDT avait été adopté en comité de pilotage le 30 septembre », rétorque Bruno Depresle.

Selon lui, le concept d’assises citoyennes lancé hier sera vain : « Il est trop tard. Le texte a été adopté après un an de consultation, c’est là qu’il fallait agir. » Ce qu’ont fait les associations et élus réunis hier, écrivant aux acteurs locaux et dans les registres d’enquête publique. D’ailleurs, le texte a évolué depuis sa première version. Savigny-le-Temple, qui s’apprête à approuver le CDT, tient tout de même compte des remarques formulées durant l’enquête publique : « C’est la logistique qui fait peur aux gens, constate Marie-Line Pichery, la maire PS. Vu les avis émis lors de l’enquête publique, nous demandons que le développement d’une industrie et d’activités diversifiées limite la part du logistique et précisons que ce Contrat de développement définit des objectifs aux collectivités, et non des engagements. »

 

 Gros travail de Michel Pellerin, Jean François Dupont et Florent Heitz

 

 

relayé par R Béven et C Le Guern

 


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